Appel à contribution pour la revue RELAIS n°2

Appel à contributions

Relais, revue du Laboratoire d’Etudes et de Recherches sur l’interculturel (LERIC-URAC 57) de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines d’El Jadida lance un appel à articles pour son numéro 2 à paraître en 2014.

« Frontières »

 

L’eau, la pierre, le sable, la forêt et incidemment le feu sont des frontières  parfois infranchissables : œuvres de la nature qui font miroiter l’impossible au-delà de la ligne. Un animal ne peut généralement dépasser que dangereusement la « ligne olfactive » tracée par son congénère qui, dans son territoire, vit en privé avec ses proches. Alors qu’un chant peut marquer, dans ce sens, l’invitation à franchir le seuil de la porte ouverte, d’autres « appels en absence », voulus, peuvent signifier le non-désir de recevoir la voix d’outre-ligne. Tenter de braver l’interdiction équivaut à un risque de mort.

Or, tout en étant un acte angoissant en soi, traverser le seuil peut être une source de jubilation. L’« en dehors » de chez soi est alors un ensemble de signes et de lieux plus ou moins étranges que l’on essaie, bon gré mal gré, de conquérir, et auxquels on s’adapte ou qui, au contraire, nous révulsent. Aller dans les dehors de notre petit monde se négocie donc avec l’autre. Le vécu culturel et l’échange symbolique orientent les choix existentiels de tout un chacun quant à l’approche de la frontière qui lie ou qui sépare. Mais de part et d’autre de cette même frontière ambivalente, il y a le vœu de séparer ou de lier corps et mentalités. Une dialectique affolante : amour de soi et désir de l’autre.

La frontière comme œuvre humaine est d’abord politique. Une communauté constituée décide d’installer des bornes reconnaissables pour marquer le tracé au-delà duquel est située l’altérité. Mais l’enjeu économique détermine l’énergie engagée dans la dynamique de mouvements irréversibles. L’altérité, qui est aussi culturelle, voudrait traverser la nuit des non-dits et des interdits. Le politique n’est pas forcément l’entendement. Nous habitons et vivons dans des traçages déterminants. Pour cette raison, les frontières imposées entre les cultures sont pour la plupart issues d’une raison despotique. Une constitution est un ensemble de règles à appliquer dans la gestion de l’être, du dire, du paraître et du penser dans un territoire donné. La frontière politico-culturelle serait une énonciation géographique.

Certes, chacun parle et agit à partir d’un lieu « contextualisé » et localisé, mais, les pratiques langagières et l’interaction des mythes et des imaginaires subvertissent les limites de ces lieux. La frontière serait aussi ceci : l’équilibre pondéré entre ce qu’on craint et ce qu’on désire. Comment, dans ces conditions, continuer à craindre l’usage d’une langue étrangère, ou le rejet d’un « mode culturel » différent ? Faut-il appréhender la traduction ? Les traducteurs sont des bâtisseurs de ponts et des foreurs de tunnels. Leur force est la médiation : dire dans les milieux, sans médire ; dire dans les eaux des langues et des imaginaires. Ainsi, traverser, transgresser la ligne frontalière, peut traduire consciemment ou impulsivement le besoin ou le souci de l’autre. La persona non grata rêve d’habiter des circuits clandestins, invisibles et nocturnes ; elle voudrait être une éternelle « impulsée » et réintégrer l’Eldorado perdu. Le douanier est là, académique du purgatoire, pour examiner le passeport, le faciès, la patte blanche, et surtout le porte-monnaie. Jamais l’avoir culturel.

Existerait-il, alors, des systèmes de géométrie mentale organiquement préconstruits, selon un instinct grégaire qui prédispose l’individu – dans sa langue, ses aspects et ses représentations – à vivre une situation par essence interculturelle dans un contexte frontalier ? Le monde serait chargé de bornes visibles et invisibles, réelles et factices. Si les humains habitent entre les lignes d’un dessein commun, les choses ne se passent pas toujours dans le devoir et le plaisir de faire attention au voisin. La frontière est un accessoire inhérent à l’être sur terre et au vivre ensemble. Les langues et les cultures sont instauratrices de lignes inclusives et/ou exclusives ; viser c’est laisser avancer chez soi un être entièrement déchiffré. Censurer, refouler, c’est se frustrer du chant et du parfum venus d’ailleurs.

Par cette esquisse de discussion, le prochain numéro de Relais essaiera de délivrer un permis absolu d’habiter et de circuler dans la multitude et la transdisciplinarité des interrogations majeures, actuelles et inactuelles. Il tentera d’approfondir et stimuler la réflexion autour des frontières de genre, d’ethnie, de classe, de langue… et surtout autour des « passeurs » anciens, contemporains et à venir. Sont les bienvenues toutes les contributions qui enrichiront ce débat. Les axes proposés :

–      Langue frontière/passerelle

–      Traduction et adaptation comme transit (langues et cultures) ;

–       Symbolique des frontières ;

–      Frontières et représentations (inter)culturelles, artistiques, médiatiques… ;

–      Littérature et subversion des frontières (genres, formes, registres…)

–      Etc.

Délais :

Les propositions d’articles (résumés de 300 mots) sont à adresser avant le 30 novembre 2013 à Abderrahmane Ajbour à l’adresse mail suivante : a_abder@yahoo.fr.

Avant le 22 décembre 2013 : réponse aux contributeurs.

Avant le 31 avril 2014 : remise des textes définitifs.

Responsable : LERIC-URAC 57.

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